Relocalisation de l’ENSAPLV

La relocalisation de l’École d’Architecture de la Villette (ENSAPLV) est un sujet presque aussi ancien que l’école elle-même. Installée provisoirement avenue de Flandre en 1977, il est prévu de lui trouver rapidement des locaux plus adaptés. Plus de 40 ans après, la Villette est toujours avenue de Flandre, dans des locaux exigus et vétustes… Au cours des ans, plusieurs projets de relocalisation se sont montés, portés tour à tour par l’administration, les enseignants dans leurs cours ou les étudiants dans leurs projets personnels. Aujourd’hui, un site est pressenti pour relocaliser l’ENSAPLV. Celui-ci est situé à la jonction des communes de Bobigny, Pantin et Romainville, à la station de métro Raymond Queneau (Ligne 5).

Localisation du site de projet

Impliqués dans la vie de notre école, la question de son avenir nous a semblé un défi intéressant, et nous avons donc choisi d’en faire notre sujet de diplôme. Plutôt qu’un site purement théorique, nous avons aussi décidé de travailler sur le site de Raymond Queneau, car même si nous sommes encore loin d’un véritable accord sur celui-ci, c’est actuellement l’option la plus concrète et la plus plausible pour une éventuelle relocalisation.

Le Carrefour Raymond-Queneau

Bordé par le Canal de l’Ourcq, au cœur d’un quartier hétéroclite qui subit depuis quelques années de profondes transformations, ce site nous semble une occasion de retisser des liens entre les différentes composantes du quartier, la ville, le canal, les aménagements historiques et les plus récents, tout en offrant aux habitants un certain nombres de services partagés avec l’école (bibliothèque, salle d’exposition, amphithéâtres, etc.) Très critiques quant aux transformations les plus récentes du quartier, leur manque de considération pour le paysage, le bâtis et les habitants du quartier, ce projet se veut une alternative et un contrepoids à ces logiques en marche.

Le centre commercial, Paddock, exemple des transformations du quartier

Au cours du premier semestre, nous nous sommes consacrés à une analyse du quartier, que nous avons nommé le “Petit Pantin”. Nous avons retracé son histoire et son évolution depuis un territoire essentiellement rural, traversé tour à tour par la route d’Allemagne, le canal, puis les voies ferrées, menant au cours XIXe siècle à son industrialisation puis plus récemment, avec le déclin de l’industrie, à une “reconquête” des berges par des logements et des bureaux. Nous avons également étudié les évolutions projetées pour le territoire, qui se traduisent par la création de trois Zones d’Aménagement Concertées (ZAC), et par la démolition d’une grande partie de l’héritage industriel du quartier. Nous nous sommes aussi penchés sur les transports, les équipements, la démographie, les morphologies bâties.

Relevés du bâtis en fonction des usages et de la date de construction

En parallèle de cette analyse du Petit Pantin, nous avons essayé de comprendre ce qui faisait la particularité de la Villette, considérant que cette école se démarque par un esprit particulier, issu de son histoire et des choix pédagogiques qui l’ont construites, et que notre objectif est de permettre à cet “esprit” de continuer après la relocalisation. Dans ce but, nous avons effectué des entretiens, cherché à comprendre son histoire et celle de ses nombreux projets de relocalisation.

L’ENSPLV dans ses locaux de Flandre © ENSAPLV

Dans la logique de démarche opérationnelle chère à A³, même si notre projet ne sera très certainement jamais construit, nous pensons que la construction d’un programme précis pourra servir de support au CA de l’école pour le projet hypothétique d’une relocalisation concrète. Afin de faire ce programme, nous travaillons actuellement sur une analyse des locaux actuels et de leurs dysfonctionnements ainsi que sur une étude d’autres écoles d’architecture en France et à l’étranger. Au travers de plans et de questionnaires, nous avons également essayé d’impliquer les étudiants de la Villette en récoltant leurs avis sur les locaux qu’ils occupent actuellement et sur leurs aspirations et idées. En parallèle, nous avons étudié plusieurs espaces clés de la Villette, au travers de relevés habités soulignant les usages pratiques de ces lieux. Enfin, une série d’entretiens avec différents personnels de l’école nous a permis de mieux comprendre toute une série d’espaces administratifs et logistiques peu connus des étudiants. Toutes ces informations ont vocation à déboucher sur un travail programmatique découlant des usages et pratiques des utilisateurs de l’école et sur lesquels nous travaillons actuellement.

🐌